lundi 30 mai 2016

Bref, j'ai écrit à Barack Obama

Il faut que je vous raconte une histoire. Il y’a de ça a  peu près trois ans, j’avais rencontré un très jeune homme, qui faisait voler des drones, avec lesquels il filmait les villes depuis le ciel. C’était le tout début et je l’avais interviewé, parce qu’il venait de créer sa société afin de pouvoir les commercialiser. Il avait 18 ans.

Il y’a quelques jours, alors que je regardais ma page Facebook, je vois passer sa photo. Il était écris, qu’il avait été contacté par la NASA pour participer à un concours. Il prenait donc l’avion, direction Cap Canaveral, avec je-ne-sais quel projet en poche. J’ai montré ça à mon ado, qui a été scotchée. Les jours passants, nous avons revu passer des images de ce jeune : la première disait qu’il était dans le top 10 du concours et la seconde le montrait avec un trophée.

Ce qu’il a fait ou gagné importe peu, l’idée était de montrer à l’ado que rien n’est impossible. Elle qui, avec ses photos mettant en scène des Playmobil, a déjà eu des opportunités assez incroyables, a été plus que sensible à cette histoire.

Dans le cadre du brevet des collèges, qu’elle passe cette année, elle a eu un projet artistique à faire et à défendre devant un jury. Elle avait choisi une image de Norman Rockwell, "The Problem We All Live With", qui représente Ruby Bridges, la 1ere fillette noire à avoir intégré une école de blancs. C’était en 1960.

Un sujet, important, certes, mais qui a laissé mon ado perplexe. Oui, elle sait que les noirs ont été persécutés mais à part ça… pas grand-chose. De plus, pour elle (et pour les autres aussi) 1960 c’est déjà la préhistoire. Elle n’était donc pas très inspirée pour la production personnelle.
 
-          Bof, c’est vieux cette histoire, tu vois moi je voudrais faire quelque chose qui se passe maintenant.
-         Elle est morte Ruby Bridges ?

[Recherches effrénées sur le web] [Silence radio] [Houton ? On a perdu l’ado]
-         Bien sûr que non qu’elle est pas morte ! Elle est née en en 1954, elle a 61 ans ! Elle est plus jeune que papy et mamie ! [stupéfaction ! Elle est même pas vieille !] Haaaaaaaan, en plus tu sais quoi ?! En 2011, elle a été invitée à la Maison Blanche pour rencontrer Barack Obama ! Et il avait fait venir le tableau pour qu’elle le voie en vrai.
-         Barack Obama, qui est ?
-         Bin le président des Etats-Unis ! [soupir blasé, qui dit : mais t’es nulle ou quoi ?!]
-         Nan mais c’est le premier président noir des Etats-Unis !
-         Ah, oui… [c’est là qu’on voit que les gamins, pour eux c’est tout à fait normal, ils ne se posent aucune question]
-         Ça veut dire que Barack, qui, à une vache près, a le même âge que Ruby Bridges a été élu seulement 48 ans après. Ça veut dire aussi qu’en 48 ans tout a changé.
-         Voilà c’est ça que je veux montrer
-         L’évolution de la société ? Vaste projet
-         Nan ! Ruby qui rencontre Barack
-         Ah, ok…

Elle a dégainé ses fidèles Playmobil, m’a dégoté un superbe Barack, avec le costume et tout, et hop c’était parti.

Une fois la photo dans la boite :
-         On va la mettre sur Facebook.
-         Ouais, tu crois qu’il va la voir Barack Obama ?
-         J’en doute, mais cela dit il a surement une page Facebook… Ah, on ne peut pas poster dessus [pas con, le Barack]. Sur la page de la Maison Blanche non plus [tu m’étonnes !] Par contre j’ai vu quelque part qu’on peut lui envoyer un mail tu veux que je regarde ? [réponse affirmative] Bon j’ai envoyé un mail mais on ne peut pas mettre de photo, du coup c’est un peu con. On lui fait une lettre ?

La gueule du mec de la Poste quand je lui ai tendu l’enveloppe pour qu’il l’affranchisse….


Bref, j’ai écrit à Barack Obama.

Andréa no limit

dimanche 29 mai 2016

Il manque un mot

Chers Najat V.-B., Petit Robert, Bescherelle (ta mère), Julien Lepers, Maitre Gims et tous les intellectuels de bonne volonté.
        
Je voudrais solliciter votre aide car il manque un mot à la langue de Molière. Figurez-vous qu’il y’a de ça une quinzaine de jours, autour du 1er mai, alors que je patientais sagement chez le kiné, avec l’ado, il m’est venue l’idée de faire un petit courrier. Une sorte de récapitulatif de ces 4 années passées au cœur du système éducatif français. Il était destiné à l’Inspection Académique et, peut-être aussi, à toi Najat (il faut d’ailleurs que je me grouille car j’ai peur que tu ne sois plus ministre d’ici que j’ai fini de l’écrire). Mais dès les premières lignes, je me suis rendu compte que je n’avais pas de mot pour qualifier le cas de ma fille, qui je le rappelle, bien que je sois certaine que vous lisiez mon blog (comment ça quel blog ?!) a les trochlées plates.
Vous qui êtes supérieurement instruits et/ou intelligents, vous saurez sans doute, éclairer ma lanterne. Quel terme puis-je employer ?
-         Handicapée ? Elle n’a QUE les trochlées plates, du coup le mot semble un peu fort, non ?
-         Invalide ? Bof, moi je trouve que c’est un mot qui a une connotation un peu trop militaire.
-         Invalide intermittente ? Intermittente de l’invalidité ? Je cherche hein…
-         Empêchée de ? Inapte ?
J’ai beau chercher, je ne trouve aucun mot qui convienne à quelqu’un qui souffre d’une malformation des genoux. Nous sommes d’accord, vous et moi, pour dire que « malformée » n’est pas envisageable ?
Il est donc clair qu’il manque un mot spécifique.
Je vous laisse y réfléchir et poster vos réponses sur le blog.
Amicalement
Andréa, de A à Z

 

PS : Aujourd’hui cela fait une quinzaine de jours, que j’écris ce courrier. Je l’ai pensé, réfléchi, modifié, enrichi et puis, en le relisant, j’ai réalisé qu’il faisait plus de 20 pages ! J’ai peur que cela ne soit trop long pour un courrier et même pour une note de blog. Alors que faire ? Un livre ?

Gros mais pas gris !

Etre gros, c’est moche. « On » nous le dit dans les magazines, à la télé, « on » nous le dit en long, en large et en travers. Et pourtant, certains d’entre nous, s’obstinent à vouloir rester gros ! Un comble ! D’autant plus, que partout, « on » nous explique comme c’est facile de maigrir.

Je ne vois donc pas d’autre explications : nous, les gros, le faisons exprès. Probablement pour gâcher le panorama  des gens normaux.

Aussi, quand « on » m’a dit, cette semaine, que ma fille était trop grosse, j’ai suis passée par plusieurs phases…
-         Raisonnable : Oui, c’est vrai qu’elle a pris du poids
-         Complexée : OMG ! Elle va devenir comme ses parents !
-         Coupable : C’est tout de ma faute ! Je suis une mère de merde !
-         Agressive : T’as que ça à me dire bouffonne !
-         Pratique : En cas de vent, elle ne s’envolera pas…

J’étais en mode Cyrano et sa – fameuse – tirade du nez. Et, pendant que je me disais, que ce genre de réflexions « je me les sers moi-même, avec assez de verve, mais je ne permets pas qu’un autre me les serve », mes yeux se sont posés sur « on ». Et, je me suis aperçue qu’elle était grise.

Ça m’a rappelé un souvenir : quand j’étais enceinte, pendant une visite, on m’a envoyé voir une nutritionniste, qui m’a demandé ce que j’avais mangé pour le petit déjeuner. J’ai répondu : « deux croissants ». Et là, je me suis fait incendier ! Elle m’a dit texto que j’étais « une mère indigne » ! Je n’étais même pas encore mère que j’avais déjà tout raté. Ce constat anticipé m’avait fortement contrariée. De retour dans le cabinet de la gynéco, et alors qu’elle me demandait comment c’était passé le rendez-vous, je me souviens lui avoir répondu qu’à choisir, je préférais rester enrobée, que de ressembler à sa nutritionniste. Regard surpris. « Vous l’avez vue ? Elle est grise. Franchement : elle a l’air de sourire quand elle se pince, elle a les cheveux ternes, le teint terne, l’humour terne. Non mais sérieux, elle fait peur ! Vous êtes sûre qu’elle est bien placée pour donner des conseils ? Moi, je crois que c’est d’un bon steak qu’elle a besoin ! » Suite à cette réflexion, avec laquelle la gynéco, hilare, a visiblement été d’accord, j’ai été dispensée de visites avec la nutritionniste.

Quinze ans plus tard, revoilà donc « on-les-bons-conseils ». Et encore une fois, il s’agit d’une personne grise. Hasard ou fatalité ? Je me pose des questions : Est-ce que tous les gens en bonne santé sont gris ? Il me semblait pourtant le que le bêta-carotène était bon pour le teint… Est-ce que seuls le saucisson, le vin et le chocolat donnent bonne mine ? Ou alors c’est la frustration qui rend fadasse, terne, limité anémié, l’air d’avoir un poireau enfoncé dans l’c… ?

Est-ce que des scientifiques se sont penchés sur le sujet ? Et les militaires ? Parce que si ça se trouve, la réponse à toute cette violence galopante est là : si ça se trouve tous les gens aigris, agressifs, cons, ne sont pas foncièrement méchants : ils ont peut-être juste faim. Ils sont peut-être juste nutritionnellement frustrés. Ils manquent de sucre, de gras, de vie.

Si ça se trouve, les éclairs au chocolat pourraient sauver le monde…

Andréa, en pleine réflexion…

mercredi 20 avril 2016

Y'avais longtemps !

Ahhhhhhhhh y’avais longtemps… Longtemps qu’on n’avait pas eu une réflexion-à-la-con. Et pourquoi qu’on avait plus eu de réflexions-à-la-con ? Parce que l’ado avait fait un effort, elle avait pris sur elle et cessé de feignasser : elle avait repris le sport à l’école.

En octobre, on avait revu le spécialiste et il avait dit, je cite : « on va tenter avec une semi-dispense ». Donc, j’avais pris rendez-vous avec la prof – et repris mon bâton de pèlerin – pour expliquer le cas de mon ado. Coup de bol, cette année, sa prof était une p’tite nana super sympatoche, qui, je dois l’avouer a fait très attention aux genoux de mon bébé.

Mais, à l’aube du 3e trimestre, le programme prévoyait un cycle foot et rugby. Ça sentais le cramé pour les genoux. Nous sommes donc retournées voir le spécialiste pour connaitre son avis. Et là, catastrophe. Son verdict a été sans appel : ça ne va pas du tout, qu’il a dit. Les genoux sont en piteux état, non seulement le foot et le rugby c’est « niet », mais en plus y’a plus de sport du tout. Repos total. Kiné spécialisé. La totale…

Ce matin, après 15 jours de vacances, l’ado va au bureau faire valider sa dispense. Et là, elle a eu droit à la petite leçon de morale maison.
 
-         Hélène m’a dit de faire bien attention pour le brevet, de voir s’il ne me restait pas des épreuves à faire. Parce que du coup si je ne les fais pas ça va me pénaliser. C’était gentil de sa part.
-         Non.
-         Quoi non ?
-         Non, ce n’était pas gentil de sa part.
-         Ah ?!
-         Ça veut dire que si tu n’as pas déjà toutes tes notes, tu vas être pénalisée pour le brevet, et ? qu’est-ce qu’on peut y faire ? Que tu sois pénalisée ou pas c’est comme ça, on n’y peut rien. Tu ne peux pas faire de sport. Donc, encore une fois, elle essaie de te culpabiliser genre « dis donc ma cocotte faudrait voir de faire un effort, c’est pour le brevet ! Le coup de la dispense du 3e trimestre, quand il fait beau et chaud, on me l’a déjà faite. Tu glandouilleras pendant les vacances ». Ce n’est pas « gentil ». C’est con.
-         J’avais pas vu sa comme ça…

Justement, c’est bien là le cœur du problème : elle n’a pas vu ça comme ça. Du haut de ses 14 ans, elle prend les choses au pied de la lettre. Elle écoute, elle obéit. Et qu’on puisse manipuler un enfant comme ça, je vous le dis franchement : ça me dézingue. Y’en a qui tire au flanc, y’en aura toujours, on l’a tous fait à un moment ou à un autre et je ne dis pas – pas du tout – que mon ado est parfaite et qu’elle n’est pas partisane du moindre effort. C’est une ado. Mais là, ça fait 4 ans qu’on leur explique qu’elle NE PEUT PAS faire de sport et c’est toujours pas rentré dans leurs têtes.
 
-         Et je vais même te dire mieux, ça fait 4 ans, qu’on te rabâche que ta dispense va poser problème pour le bac. Que tu seras obligée de faire l’épreuve de sport ! 4 ans qu’on t’explique – qu’on nous explique – que c’est en quelque sorte une fleur qu’ils te font, en te laissant tirer au flanc, parce que c’est le collège et que du coup c’est pas trop grave. Mais qu’ils ne sont pas dupes : que ça se voit que tu n’as rien. Et que c’est juste parce que tu n’aimes pas le sport, que ta chieuse de mère (qui ne peut rien te refuser) te fait dispenser. Ta mère d’ailleurs, qui fait son intéressante, pour de montrer qu’elle est connue et que donc elle ne suit pas les règles imposées aux communs des mortels. Tellement connue, la mère, qu’elle a des médecins complaisants pleins les poches. Genre… ça montre bien tout le crédit que ces gens portent au monde médical. Ils savent sûrement beaucoup mieux que les médecins. Parce que eux, ils ont de l’expérience, ils voient des tire au flanc toute la journée, ils savent les repérer. C’est des malins. Alors tu vas être pénalisée pour le bac ? Ohhhhh… Ils font comment les handicapés ? les vrais, je veux dire, ceux qui sont en fauteuil, par exemple ? Eux aussi ça leur pose problème et néanmoins ils passent le bac quand même et y’en a même qui l’ont. Alors voilà : on fera pareil. Et si ça te pénalise pour le brevet, le permis, ou pour aller sur la lune et bin on verra au cas par cas et on fera au mieux. Mais une chose est sure : dans tous les cas de figure, on se passera de l’avis de cette dame, et des autres.

Sont forts dans ce collège, forts pour me mettre en colère.

 Andréa perdue dans le désert
de l’Education Nationale

 

jeudi 25 février 2016

T'as pas passé l'âge de jouer ?

Il y’a toujours des gens qui croient bon de vous donner des conseils : « Moi j’aurais pas dit ça comme ça… », « Si c’était ma fille… », « Ah ? Tu fais ça comme ça toi ?! », « Je dis ça, je dis rien, mais quand même… c’est pas bien normal, si ? » Et globalement je m’en fiche, je fais comme j’ai envie.
Néanmoins, il arrive, que certains vous foutent « le doute ». Et si il/elle avait raison ? Si j’avais tort ?
Le « problème » était le suivant :
A son entrée en 5e mon ado jouait toujours… et plus particulièrement avec ses Playmobil.
Personnellement, je n’avais pas du tout envisagé ça comme un problème. Ça ne m’avait même pas effleurée. Mais certains autour de moi ont commencé à dire « Mais… Tu es trop grande pour jouer avec ça maintenant ! Hein qu’elle est trop grande ? » Euh…. Si j’ai ignoré les premiers commentaires de ce type, partant du principe qu’ils émanaient de vieux cons, j’avoue qu’ils ont fini par semer le doute dans mon esprit.
Tout d’un coup j’avais un problème : ma fille jouait >> ce n’était pas normal>> elle allait finir débile ou pire vieille fille, bannie de la société, entourée de 183 chats Playmobil géants !! Le drame…
Je me suis donc posé plein de questions :
-         Dois-je l’empêcher de jouer ?
-         Dois-je bruler les Playmobil un soir de pleine lune en sautant à cloche-pied pour briser un hypothétique sortilège ?
-         Dois-je consulter un pseudo-pédo-psycho-machin-chose ?
-         Quel est l’âge limite pour jouer ? Qui a la réponse ? J’ai demandé à Siri, mon assistant-personnel-qui-sait-tout et IL NE LE SAIT PAS : je suis foutue !
-         Suis-je une mauvaise mère en la laissant jouer ?
-         Suis-je une mauvaise mère en n’ayant pas vu qu’il y avait un problème majeur avec mon ado ? C’est une joueuse nom de Dieu !
Et puis, j’ai pris le problème dans l’autre sens : jouer c’est quoi ?
Les poupées, les voitures, ça OK.
Mais on dit aussi jouer aux jeux vidéos. Jouer du piano, de la flute, de la musique en général. Jouer au football (à plusieurs c’est encore pire, non ?), jouer au tennis. Jouer aux échecs. Jouer au Poker, à la roulette. Jouer en ligne. Jouer au loto…
Dis donc, dis donc ça en fait des jeux tout ça… Tout le monde joue en fait ! Et je connais plein d’adultes qui jouent du coup. Y’a même des jeux, comme les jeux d’argent, qui sont interdits aux enfants. Si c’est pas un comble ça ! D’ailleurs moi-même je joue : à World of Warcraft, à Candy Crush et… avec ma fille. Horreur ! J’ai quarante balais et je joue – encore - aux Playmobil !

Devant cette affligeante réalité, il ne me restait que 2 solutions :
-         Faire une thérapie mère-fille
-         Ou avoir une idée, qui nous sauve la face devant le reste du monde.
J’ai cherché et soudain : Miracle. C’est la prof de français, qui m’a involontairement donné la solution, en faisant lire un livre à l’ado. Un livre tout con sur Christophe Colomb. Mais on le sait, la lecture scolaire c’est jamais l’éclate. L’ado était mitigée. Pour l'encourager, j'ai eu l'idée de lui proposer d'en faire un roman-photo avec les Playmobil. Nous l'avons envoyé à l'auteur, qui nous a chaudement félicitées. Elle en a été très fière. Et je me suis dit qu’elle était là LA bonne idée. Du jeu nous sommes doucement passées à la création. L’imagination a pris le dessus, les idées ont fusées, les romans-photos, les photos puis les concours se sont enchaînés et aujourd'hui, le projet a 2 ans et demi, il évolue sans cesse et l'aventure continue ...
 
Conclusion
Le bilan de tout ça c’est que j’aurais pu vendre tous les Playmobil – devenir riche – la coller devant une tablette et rester le cul rivé dans mon canapé. J’aurais vu tous les épisodes de toutes les saisons de NCIS et de leurs copains de Los Angeles et de la Nouvelle Orléans mais au lieu de ça j’ai décidé de jouer avec elle, dans l’incompréhension générale.
Plus sérieusement, quand le projet a commencé à rassembler des gens sur le web, a se balader à travers le monde (parce que finalement y’a un paquet de monde qui joue avec des Playmobil, c’est inimaginable) et que l’ado a fait quelques passages dans la presse, je me suis à nouveau posé des questions : Que vont penser ceux qui ne jouent plus ? Que vont penser les autres ados du collège ?

Alors j’ai bien briefé la gamine : « si tu passes dans le journal, tout le monde saura que tu joues/crée avec des Playmobil. Es-tu sure de vouloir le faire ? N’as-tu pas peur que les autres se moquent de toi ? » Elle était sure, alors on l’a fait et au final les retours ont été plus que positif. Personne ne s’est moqué. Mieux, les autres enfants ont été impressionnés qu’elle ait gagné des concours en jouant.

Parce qu’au final, qu’on appelle ça imagination, création, pédagogie, développement/acquisition de compétences ou je ne sais quoi d’autre, tout ça se résume à quoi ?
Nous on voulait jouer tranquille, mais on nous a saoulées, alors on a « joué » sur les mots en remplaçant le mot « jeu » par « création artistique » et maintenant : ON PEUT JOUER TRANQUILLE, TOUT LE MONDE NOUS FICHE LA PAIX.
Finalement, le bonheur, ça tient à pas grand-chose…

 

 

lundi 1 février 2016

Save Money Project

Cette année je me suis lancée dans un challenge-économie.
Kézako ?
En fait c’est tout simple : tu économises des sous chaque semaine selon le principe : semaine 1 = 1 euro, semaine 2 = 2 euros et ainsi de suite jusqu’à 52.
J’avais déjà vu passer ça sur le web, pour l’année 2015 et je m’étais dit : « c’est impossible ! ça représente plus de 250 euros en décembre, le Papa Noël va se flinguer.»
Mais c’était sans compter sur Chloé du blog « my little bird », qui avec son idée toute simple, m’a fait changer d’avis. Elle a créé un joli tableau avec 53 cases (ouais, juste quand je le fais y’a 53 semaines !) et on a juste à prendre les semaines dans l’ordre qui nous arrange (financièrement). Chaque semaine, on colorie la case correspondante à la semaine qu’on a choisie et le tour est joué.
Je me suis donc lancée.
Folle de joie à l’idée d’épargner 1431 euros, j’ai commencé en fanfare avec les semaines 53 + 52 + 50 soient 155 euros d’entrée de jeu. L’idée de commencer par les grosses sommes n’étais pas con du tout puisque ça représentait essentiellement les euros grappillés ici et là à Noël. J’étais débarrassée des grosses semaines, c’était parfait. Mais, dans les faits, l’idée à tourner court, quand les dépenses de décembre se sont liguées pour foutre le camp, toutes ensemble, de mon compte en banque. Devant le gouffre de mon découvert il a fallu passer au Plan B : revoir mes calculs à la baisse.
J’ai donc imprimé un nouveau tableau (je l’avais sauvegardé, j’ai été bien inspirée…) et recommencé le calcul, en étant plus raisonnable :
53 + 20 + 5 = 78 euros.
Depuis j’ai compris la leçon et j’essaie de rester raisonnable.
A l’aube du mois de février, j’en suis à 5 semaines : 111 euros et une motivation au taquet.
 
Mon ado veut jouer !
Très sensible aux questions d’argent (mon ado et l'argent) l’ado s’est emballée pour ce drôle de projet. Problème : plus de 1400 euros en un an c’était juste de la Science-Fiction. Et c’était dommage parce qu’elle avait vraiment envie de le faire. Du coup j’ai pensé à diviser toutes les sommes par deux.
Semaine 1 = 0,5 euro, semaine 2 = 1 euro et ainsi de suite. Comme ça au max elle met 26,5 euros. Avec son anniversaire et les petits sous grattés à droite à gauche, ça doit pouvoir le faire. On va voir. Pour le moment, elle tient le cap, avec déjà 32 euros d’épargnés !
Au taquet j’vous dis !!!

vendredi 29 janvier 2016

"Jeudis de l'éducation" : Quand l'école t'inspire un projet à faire "à deux"

Bon, bon, bon… Donc, cette semaine, le thème des jeudis de l’éducation est « s’impliquer à l’école de nos mômes ». Et, encore une fois, c’est un sujet qui me parle.
Je n’ai jamais été une grande fan de l’Education Nationale. Les grands principes d’éducation, en général, me filent de l’urticaire. Et du coup, en mère un peu barrée, flippée et (trop) fusionnelle, il était impossible pour moi de ne pas m’impliquer dans la scolarité de ma fille. Parent d’élève depuis la maternelle, accompagnatrice, pâtissière, bénévole universelle… : la totale.
Mais ce dont je voudrais vous parler aujourd’hui, c’est d’un projet ludo-pédagogique, que j’ai imaginé pour mon ado. Le projet « B et G ». Nos initiales pour notre projet :
Tout a commencé en 2013. L’ado était en 5e. Sa prof de français donne à la classe « le voyage inspiré » de Jean-Côme Noguès à lire.
C’était le mois d’octobre, il faisait gris, elle attendait les vacances et son anniversaire, bref l’histoire de Christophe Colomb a fait un bide.
Pour la soutenir et aussi pour l’encourager à lire, je lui ai proposé de le lire aussi pour qu’on en discute.
C’était le mois d’octobre, il faisait gris…. Bref j’ai passé une après-midi entière à lire et l’histoire de Christophe Colomb est passée à deux doigts de faire un second bide. Mais bon… Pleine de bonne volonté je lance la discussion : comment t’as trouvé ? ça t’as plus ? c’était chouette hein ?
Mes questions étaient plus longues que ses réponses : moué… bof… ché pas… Le flop total.
Comme les vacances étaient à portée de main, je lui propose de résumer le livre en un roman-photo, fait avec des Playmobil. On réfléchit, on discute autour du livre, on fait un story-board et nous voilà à plat-ventre dans le jardin en train de photographier des Playmobil costumés avec des kleenex et du scotch.
L’objectif de réhabilitation du livre était atteint, le résultat n’était pas trop vilain mais après ? L’histoire aurait pu s’arrêter là.
Mais une idée me traverse l’esprit : il est toujours en vie Jean-Côme Nogués ? Google me dit que oui. Je passe donc un coup de fil à la maison d’édition en demandant gentiment comment le joindre. La dame me dit de lui envoyer une lettre, qu’elle la lui transmettra. Sans trop y croire, on envoie. Et quelques jours plus tard, on reçoit une superbe lettre manuscrite ! L’ado est stupéfaite ! Fière mais sciée que l’auteur lui ai répondu.
De là, elle fourmille d’idées, d’attentes, d’envies. Il lui faut d’autres projets. Le mois suivant on s’attaque à l’émission « maison à vendre » : on ravage la maison des Playmobil, la nôtre est un champ de bataille. On créée une page Facebook pour partager nos créations.
Si Stéphane Plaza boude notre courrier (apparemment il n’aime pas être comparé à un Playmobil, les magazines people lui ont souvent fait le coup), sa décoratrice, Sophie Ferjani, aime le roman-photo et le partage avec ses copines.
« B et G Créations » est officiellement lancé.
L’ado continue d’imaginer et embraye sur un calendrier de l’Avent (24 jours / 24 images).
Puis elle trouve que les histoires c’est bien, mais qu’inventer les siennes c’est mieux : Elle en réalise une courte sur un resto, puis un coiffeur et plus tard sur un dinosaure dans les glaces (en plein mois d’août, elle a foutu du talc de partout).
En parallèle, je trouve sur Internet, un concours photo proposé par une galerie d’art et un artiste/photographe/collectionneur-de-playmobil. On se lance. Sa photo est primée. Elle passe dans le journal. C’est la fête ! Et je me dis, que comme elle ne peut pas faire de sport (lire les billets de la rubrique l’Educ’ Nat’ et moi), finalement les concours c’est pas mal du tout pour l’estime de soi. J’en dégotte un deuxième. Sa photo est encore primée. Entre temps, elle rencontre « Emma » de « Scènes de ménage » et « Fabien » l’encourage lui aussi. L’aventure continue et s’emballe même.
Pour les 40 ans de Playmobil, on lance un marathon photo : 40 ans / 40 semaines / 40 thèmes / 40 photos. Je vous le dis : 40 semaines c’est vachement long !
En aout 2014, je trouve sur Internet, un concours-photo organisé par Playmobil France. Les auteurs des 40 photos choisies par le jury recevront un Playmobil 60 cm (ceux des magasins) et UN d’entre eux son poids en Playmobil. Elle me dit : mon poids en Playmobil ? Bof, j’ai déjà tous ceux que je veux mais le Playmobil 60 cm il me le faut ! Chaque jour qui passe des dizaines d’images viennent grossir l’album du concours. Plus de 1500… si je doute, elle pas du tout. Et elle a raison puisqu’elle remporte un Playmobil 60 cm pilote d’avion. Sur ce, elle remporte encore un prix dans un petit concours, rencontre Teheiura de l’émission « Koh Lanta » et repars pour un calendrier de l’Avent. Toujours en décembre 2014, on lui demande de venir faire des animations avec son sous-marin Playmobil lors d’une exposition de jouets, au Musée de la Plongée.
A l’été 2015, je trouve, encore sur Internet, un grand concours-photo proposé par la ville d’à-côté. Le sujet est de mettre en valeur le patrimoine local. Rien à voir avec les Playmobil. Donc je lui propose un devoir de vacances : trouve une solution pour mettre en valeur le patrimoine avec des Playmobil. Une de ces photos est primée et deux sont choisies pour l’exposition qui en découle.
Un peu de répit en 2016 ? Pas sur… la voilà repartie pour 2 nouveaux concours.
Finalement s’impliquer à l’école c’est quoi ? c’est faire du bénévolat dans les petites classes : aller se balader, aider la maitresse, faire des gâteaux, moucher des nez. Se rendre utile en profitant encore un peu de son enfant. Et puis d’un coup, tout s’arrête : au collège on te fait clairement comprendre que… tu dégages. On n’a plus besoin de toi, tout est fermé et même en tant que parent d’élève, ton rôle est très limité. Alors pour continuer à t’impliquer et du coup partager des choses avec ton gamin – parce que soyons réalistes, entre les cours, les devoirs et deux/trois activités extra-scolaires il ne reste plus beaucoup de temps pour faire des choses à deux – il faut, à mon avis, entrer dans les cours. Essayer de rendre le programme d’histoire un peu moins soporifique, aller au musée, relooker les livres avec des Playmobil, bref s’adapter. En d’autres termes : grandir en même temps qu’eux.
 Et sinon, Les jeudis de l'éducation c'est par ici : http://www.wondermomes.fr/
Et pour découvrir "B et G Créations" c'est par là : https://www.facebook.com/B-et-G-Créations-749984761685643/?ref=hl